Wednesday, October 03, 2007

Islam : Sarkozy lance un message de fermeté aux intégristes


SOPHIE DE RAVINEL. LE FIGARO
Publié le 02 octobre 2007

Le chef de l'État s'est rendu hier soir à la grande mosquée de Paris pour rompre le jeûne du ramadan. Il a rendu hommage à l'islam de France, et a promis, d'expulser ceux qui parlent de haine, au nom de la religion musulmane.

« CEUX qui parlent de haine blasphèment l'islam. Ils n'ont rien à faire sur le sol de la République française ». Hier soir, devant un parterre composé de tous les représentants de l'islam de France, le chef de l'État est intervenu à la grande mosquée de Paris, à l'occasion de la rupture du jeûne du ramadan. Nicolas Sarkozy s'est montré ferme à l'égard des extrémistes « qui tuent au nom de l'islam et qui voudraient nous précipiter dans une guerre de religion à l'échelle mondiale ». Ceux qui n'affichent pas un message « de paix et d'amour de l'autre », a-t-il précisé, « seront expulsés du territoire ». Il a assuré qu'il n'y aurait « aucune faiblesse à leur égard ».

C'est la première fois, depuis l'inauguration de cette mosquée par Gaston Doumergue en 1926, qu'un président en exercice vient rompre le jeûne, un acte cultuel qui consiste à partager le premier repas suivant le coucher du soleil. Rien de très étonnant pour Nicolas Sarkozy qui fut à l'origine, comme ministre de l'Intérieur, de la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2002. C'est à l'invitation de son président, le recteur Dalil Boubakeur, que le chef de l'État s'est exprimé hier. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs vanté les mérites du CFCM, grâce auquel « notre pays ne connaît aucune montée de tension dans les rapports entre musulmans et non- musulmans », et que l'islam apparaît « comme compatible avec les valeurs de laïcité, de tolérance, de respect des personnes ».

Financement et formation
« Si le respect des diversités est bon pour la France », a-t-il en outre souligné, il doit aussi être bon « à travers le monde ». « La diversité, on ne peut la chercher quand on est minoritaire, et la combattre quand on est majoritaire ». Comme signe de cette « diversité » promue en France, Nicolas Sarkozy a cité la secrétaire d'État à la Ville, Fadela Amara, qui l'accompagnait. « C'est important pour moi que Fadela soit membre du gouvernement, comme Rachida Dati en tant que garde des Sceaux. »


Le président n'a pas caché son intention de continuer à suivre « avec attention » l'organisation de l'islam de France, et en particulier les élections à la tête du CFCM qui se dérouleront en 2008 et verront le départ de Dalil Boubakeur. Celui-ci est attendu à la tête de la Fondation pour les oeuvres de l'islam, destinée à permettre le financement des lieux de culte mais aussi la formation des imams. « N'en déplaise à quelques-uns que je combats, a lancé le président de la République, l'islam, c'est aussi la France. »

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